L’impulsion de l’Autre

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C’est d’une simple impulsion dont j’avais besoin.

On nous rappelle souvent, on vous rappelle souvent, que nous n’avons supposément besoin de personne pour nous sentir en confiance, pour nous sentir heureux, pour nous sentir épanoui.

C’est un bon conseil : il nous rappelle que la force qui nous est nécessaire pour tout entreprendre, à commencer par les actions les plus simples et les plus banales, comme nous lever le matin, nous habiller, nous nourrir, sortir de chez nous – cette force ne vient de nul autre que de nous-mêmes. Personne ne viendra nous prendre la main pour le faire à notre place.

Ce que le conseil omet d’admettre, en revanche, c’est que cette force est une énergie fossile. Elle n’existe en nous que dans des proportions limitées, et ne se réapprovisionne qu’au contact de l’Autre. 

Nul ne peut être heureux seul. J’en suis intimement persuadé.

Je sais en tout cas que je ne le suis pas.

Quand elle est galvanisée, la force en moi est puissante. Elle agit. Elle créé. Elle imagine. Elle rêve. Elle vit. Elle déborde de vie. 

Mais privée de toute ressource, elle sombre. Dans l’immobilité. Dans la paresse. Dans la peur. Dans l’anxiété. Dans la crainte de ne jamais pouvoir agir.

Il me faut cette impulsion. Il me faut cet Autre qui me dit : « Tu peux » pour pouvoir. 

Si l’Autre croit en moi, alors la moitié du travail est accomplie. J’ai besoin que l’on croie en moi pour pouvoir croire en moi-même.

À trop vouloir nous convaincre que nous n’avons besoin de personne, nous finissons par en oublier la vertu de l’estime des Autres. 

Seul, je suis moins fort. C’est un fait. Le regard de l’Autre, c’est mon énergie vitale.

Je ne ferai plus l’erreur de m’en blâmer. Il n’y a rien de honteux à avoir besoin les uns des autres.

À propos de l'auteur

Nicolas Lafarge

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