Des mots qui marquent

Le blog d'écriture de Nicolas Lafarge

Un blog d’écriture narrative et créative

Je suis Nicolas Lafarge, rédacteur web SEO freelance dans la vie pro, blogueur et écrivain dans la vie perso. Sur ce site, c’est dans cette dernière que je vous emmène. Je publie ici les pensées qui me passent par la tête, les histoires que je souhaite raconter ou encore les citations qui m’inspirent. Je vous remercie de m’accorder un peu de votre temps de lecture !

Tout lire

Migratory animals living under changing weather

M

Elle fut unique comme elle fut étrange, cette année. Elle nous est apparue amputée de quelques mois, que nous avons passés confinés et immobiles ; et pour autant elle nous a aussi semblé anormalement longue, comme si le temps avait pris un malin plaisir à nous la rendre interminable. Difficile à endurer, parfois injuste à un point qui en devenait risible, 2020 n’aura épargné personne — et pourtant, si je devais en retenir une leçon, c’est notre capacité, collective comme individuelle, à nous adapter à toutes les circonstances. Je garde avec moi, au terme de ces douze mois, une immense foi en notre résilience. Il y a en nous tous une force de vivre incommensurable, qui nous permet, face aux obstacles, de nous transformer, de nous pousser en avant. De nous adapter — pour continuer à travailler, pour continuer à rire, pour continuer à nous émouvoir, pour continuer à nous aimer — pour continuer à vivre, et non seulement à survivre. C’est donc cette étonnante capacité à vivre, vivre, vivre quoi qu’il en coûte, que je souhaite mettre en lumière aujourd’hui, avec les paroles d’une chanson qui me parait conclure 2020 sur une note d’espoir : Obstacles. Les obstacles que nous n’avons pas su voir venir lorsque nous étions trop innocents, et ceux que nous apprenons à anticiper à mesure que nous grandissons. Les obstacles qui nous rendent, malgré tout, plus forts à chaque fois, ceux auxquels nous nous adaptons à chaque fois — car après tout, nous sommes tous des animaux migrateurs, habitués à vivre dans des climats changeants. (suite…)

La terrasse

L

Une jeune femme était assise à la terrasse d’un café.

Elle était de cet âge « entre-deux » : plus tout-à-fait vingt ans, mais pas encore le quart de siècle, elle était de cet âge qui n’a pas encore fini d’être insouciant et candide, mais que la vie d’adulte a d’ores et déjà chargé d’un petit peu de son fardeau. Elle avait les joues roses, un trait discret d’eye-liner, les lèvres brillantes de gloss, naturelle mais apprêtée, jolie mais pas vulgaire — surtout ne pas paraître vulgaire. (suite…)

L’impulsion de l’Autre

L

C’est d’une simple impulsion dont j’avais besoin.

On nous rappelle souvent, on vous rappelle souvent, que nous n’avons supposément besoin de personne pour nous sentir en confiance, pour nous sentir heureux, pour nous sentir épanoui.

C’est un bon conseil : il nous rappelle que la force qui nous est nécessaire pour tout entreprendre, à commencer par les actions les plus simples et les plus banales, comme nous lever le matin, nous habiller, nous nourrir, sortir de chez nous – cette force ne vient de nul autre que de nous-mêmes. Personne ne viendra nous prendre la main pour le faire à notre place.

Ce que le conseil omet d’admettre, en revanche, c’est que cette force est une énergie fossile. Elle n’existe en nous que dans des proportions limitées, et ne se réapprovisionne qu’au contact de l’Autre.  (suite…)

Things seem so unstable, but for a moment we were able to be still

T

C’est encore une chanson, et c’est encore Florence Welch : nul doute qu’elle est l’artiste dont la sensibilité trouve le plus de résonance en moi, et que les paroles qu’elle écrit se teintent d’un écho tout particulier dans mon cœur. Dans « No Choir », elle rappelle combien le monde est mouvant et inquiétant, dangereux et instable ; mais elle évoque surtout ces parenthèses qui, parfois, comme un miracle fort inattendu, viennent ordonner le désordre. La solitude ne nous quitte jamais véritablement – « Always Lonely », clame une illustration dessinée par Florence Welch elle-même – mais on parvient parfois à la mettre de côté, en la compagnie d’un « quelqu’un » qui sait nous la faire oublier. « C’est dur d’écrire sur le bonheur », confie Florence. Je suis on ne peut plus d’accord. J’ai toujours pensé qu’il fallait être malheureux pour être inspiré. Pourtant, ce texte prouve le contraire. Alors, que puissent perdurer les parenthèses. (suite…)

I’d Rather Be Dry, But At Least I’m Alive

I

On n’est jamais seul quand il y a la musique. On dit qu’elle adoucit les moeurs, et c’est vrai. C’est beau, les chansons, parce qu’elles traversent les époques avec vous, et que les émotions que vous ressentez aujourd’hui en les écoutant sont différentes de celles que vous ressentiez il y a dix ans – et quand même, c’est toujours vous, et c’est toujours la même chanson. Des « mots qui marquent », des mots qui me marquent, il y en a beaucoup. On en voit, on en lit et on en entend, de partout, tous les jours. Des grands mots, des petits mots ; de discrètes voix et de grands auteurs. Et parfois, les mots qui nous marquent, ce sont les mots tout simples, les mots sans prétention, d’une chanson pop qui vient de se révéler au monde. Il ne faut jamais sous-estimer les paroles des tubes populaires. Elles paraissent bien modestes, cachées derrière la voix de stars grandiloquentes, derrière des chorégraphies stylées, des instrus rythmées, des costumes iconiques. Mais parfois, ce sont justement ces mots-là qui arrivent pile au bon moment, pile au bon endroit, et visent tout juste où ils devaient viser. Il suffit parfois d’une Lady, tout sourire et toute fière d’avoir changé en paillettes les douleurs qui sont les siennes, qui vous confesse qu’elle a tant et tant pleuré qu’elle préférerait ne plus jamais verser une seule larme – mais qu’en attendant, et tout du moins, lorsqu’elle pleure, elle est en vie. J’ai écouté cette chanson à sa sortie, au petit matin, et j’ai été bien incapable d’écouter quoi que ce soit d’autre pendant toute la journée qui a suivi. Je crois bien que l’explication se trouve dans ces petits mots qui marquent. Alors, qu’il pleuve sur moi – et que mes larmes soient la preuve que je suis plus vivant que jamais. Et à toutes les chansons qui arrivent au bon moment. (suite…)

Ceux qui rêvent et ceux qui ne rêvent pas

C

Ainsi, tu crois savoir qu’on ne peut diviser le monde qu’en deux espèces : d’un côté, ceux qui ont des rêves ; de l’autre, ceux qui les ont accomplis. 

D’après toi, les premiers courent après des chimères, et s’émeuvent de ne pas savoir, de ne pas pouvoir les matérialiser. Ils perdent leur temps et leur énergie en rêveries, imaginent leur vie au lieu de l’entreprendre. Ce sont les immobiles et les incapables, les faibles et les perdants. 

Ceux qui ont accompli leurs rêves, en revanche, ont tout gagné, tout réussi. Parce qu’ils ont agi, ils valent mieux que les autres ; parce qu’ils ont accompli, ils se sont accomplis. Ce sont eux, qui méritent toute l’estime du monde, quand les autres, les bons-à-rien, méritent, au mieux l’ignorance, au pire le mépris.

De ces deux catégories, tu te désoles de faire partie de la première, inlassablement et inéluctablement : tu cours après tes rêves, sans jamais les atteindre : tout juste les frôles-tu, de tes doigts bien trop courts et bien trop frêles. 

Et pour cela, tu t’en veux. Pour cela, tu te crois faible, indigne d’être aimé, indigne d’être considéré. Parce que là-bas, en face, il y a ceux qui ont agi ; et que toi, tu ne fais, car tu ne sais, que rêver.

Vois-tu, c’est là que tu te trompes. (suite…)

Dès que l’être humain est seul il bascule dans la déraison

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Pour un bon nombre d’entre nous – et j’en fais partie – cette période de confinement est synonyme d’une solitude extrême et exacerbée. Dans « Écrire », Marguerite Duras parle de solitude. Et d’écriture. Et du lien de cause à effet entre les deux. Il faut être seul pour écrire, sans doute parce qu’il faut être seul pour penser ; mais cette solitude n’est pas sans dommages collatéraux. L’extrait que je partage aujourd’hui m’a été révélé par l’un de mes amis les plus proches, il y a quelques temps, un jour où je me sentais très seul (je n’ai pas attendu le confinement pour cela). Ces temps-ci, j’y pense beaucoup. (suite…)